Bracelets solidaires pour une mode durable et engagée

LesCréatrices by A&K soutient le projet P3  en proposant leurs jolis bracelets pour une mode durable et engagée cet été.

Depuis le début de la création de notre marque, nous nous intéressons aux différents projets que des entrepreneuses françaises peuvent lancer à travers le monde.

Nous avons fait la connaissance de Gaelle Nougarède, qui a crée le magnifique projet P3 : Plastique, projet, pochette au Burkina faso.

L’envie de faire partager avec nos lectrices son incroyable expérience nous a semblé comme évident et surtout très inspirant …

Bonne lecture !

 

Bonjour Gaëlle,

 Pouvez vous vous présenter en quelques mots ? (parcours, âge, faits importants) ?

Je m’appelle Gaëlle Nougarede, j’ai 28 ans. Je suis diplômée d’un Master en gestion de projet transfrontalier spécialisé dans le domaine du développement durable.

Issue d’une famille d’agriculteur, j’ai toujours eu un rapport proche à l’environnement et la nature. Après une licence en développement durable, j’ai pu réalisé un ERASMUS durant 1 an en Allemagne. Pays où l’aspect écologique a une place importante dans la société et les mentalités.

 

Quelle est l’histoire derrière votre projet ?

C’est en 2013 que je découvre le Burkina Faso. Après plusieurs voyages autour du monde, seule en sac à dos (Australie, Thaïlande, Ghana, et de nombreux pays d’Europe), je retourne au Burkina Faso avec comme idée d’appliquer plusieurs aspects et notions que j’ai pu découvrir via de nombreux projets associatifs durant mes périples.

Le Burkina m’a touché dès le départ. En me mettant dans la peau d’une femme africaine et en prenant conscience de l’impact de la quantité de déchets quotidiens que nous produisions, j’ai décidé d’allier l’aspect social et environnemental.

La ville de Ouahigouya est en zone Rouge, mise en place par l’ambassade de France. C’est une région désertique à la frontière du sahel.

La population subit cet enclavement et les femmes encore plus de part leur place dans une société où elles sont la clé de nombreux aspect familiaux et sociaux.

A cela, s’ajoute l’impact de la pollution dû au plastique et particulièrement, aux sachets d’eau. Ces pochettes de plastique, permettent de contenir entre 25 et 50 cl d’eau potable. Elles sont peu coûteuses et donc faciles d’accès à la population.

Dans une ville comme Ouahigouya de 87 000 habitants, à raison de 2 sachets d’eau par jour par personne, la quantité de plastique consommé par jour et faramineuse.

Cette pollution engendre de nombreux dégâts visibles à l’œil nu. Ils ont un impact direct sur le paysage, mais aussi sur l’agriculture (dégradation des terres, forte mortalité du cheptel qui consomme le plastique) et sur la santé (augmentation de la pollution des eaux, prolifération des maladies notamment du paludisme etc.)

Les familles ont pour habitudes de brûler chaque soir les déchets devant leur porte en plain air.

2014 fut donc l’année du changement et du lancement du projet P3 : Plastique, Projet, Pochette.

Avec la réussite de ma première campagne de financement participatif et donc 1 600 € en poche, je me lance dans un projet de recyclage avec 5 femmes. Nous faisons fabriquer tout le mobilier nécessaire pour débuter et 5 machines à coudre arrivent de France. Nos premiers résultats sont fébriles mais ils sont bien là.

Avec 3 produits en 2014, nous en sommes aujourd’hui à 24 créations et 15 femmes à temps plein.

 

 Pouvez vous nous en dire plus sur la dimension sociale de la marque ?

Le projet est orienté pour un public sensible et notamment les femmes.  Elles sont aujourd’hui au nombre de 14 à travailler à temps plein sur le projet.

Leur travail leur permet aujourd’hui d’avoir un salaire digne à la fin de chaque mois et ainsi de subvenir aux besoins de leurs enfants (scolarisation, nutrition, santé…), voir de leur famille. Des jeunes hommes, au nombre de 4, travaillent sur le projet sur des tâches physiques importantes (par exemple la gestion et l’installation des poubelles).

Notre projet permet aussi à certaines femmes, ne parlant pas français et ne sachant ni lire et écrire, de suivre des cours du soir avec un professeur particulier 4 soirs dans la semaine.

La place de la femme dans la société étant très importante et notamment pour la gestion de la famille, nous sommes flexibles dans les horaires de travail. Les femmes sont rémunérées à la pièce de travail.

Aussi, le Burkina Faso ne connaissant pas une véritable sécurité sociale, nous nous engageons à payer une partie de leurs frais médicaux.

Enfin les femmes sont entièrement actrices du projet. Pour la plupart, ce sont de jeunes mamans en situation de précarité sociale et économique, qui ont connus des difficultés familiales.

Nous nous sommes engagés dans une démarche participative où lors de chaque réunion mensuelle, chacun et chacune doit avoir un temps de parole pour s’exprimer, se sentir écouté et compris.

Notre projet fonctionne en autonomie, car les femmes sont devenues porteuses du projet.

Elles sont à l’origine de la réussite de son développement et de sa durabilité.

 

Qu’est ce qui vous a touché dans votre pays d’adoption ? qu’est ce qui a stimulé votre démarche ?

La place de la femme dans notre société occidentale est pour certaine un combat de tous les jours. La place de la femme dans la société africaine est pour bon nombre d’entre elles une fatalité.

Elles sont au cœur du développement d’un pays de part l’éducation qu’elles donnent à leurs enfants et l’impact qu’elles ont sur l’environnement.

Certaines femmes sont en latences, pourtant chacune d’entre elles ont des capacités acquises ou non, qu’elles ne peuvent, par faute de moyens, mettre en avant et développer. Elles jouent un rôle irremplaçable en tant que mère et épouse. C’est là l’image que j’ai pu personnellement avoir et qui m’a touchée.

La notion de développement durable est très loin de toutes les préoccupations de leur quotidien.

Je souhaite ici citer un article qui prend exemple du Togo où les conditions de la femme sont très proche : “A l’heure actuelle, il est indéniable que toute avancée en matière de développement durable au Togo passe nécessairement par l’amélioration des conditions de vie des femmes, qui constituent un groupe social majoritaire, classé parmi les plus vulnérables. Cette vulnérabilité fait référence au manque de recours, à l’insécurité et à toutes les formes de risques auxquels elles sont exposées quotidiennement. Nous savons que le concept de développement durable est intimement lié aux préoccupations relatives aux ressources naturelles et à l’environnement qui doivent être bien gérés pour ne pas compromettre le potentiel de croissance pour les générations futures.”

Mais qu’à cela ne tienne… il ne suffit pas de mettre un mot sur la définition d’un acte pour que celui – ci soit actif.

L’environnement est pollué. C’est un fait. Le plastique est le cancer de l’Afrique, il détruit et tue à petit feu, au travers tous les moyens pervers qu’il peut exister.

Il m’a semblé plus que normal, d’agir ici dans la ville de Ouahigouya, où les conditions géopolitiques n’offrent pas un fort potentiel de développement.

 

Quelles est la personne ou les personnes qui vous ont inspirée ?

Il n’y a effectivement pas une personne en particulier. Mais plusieurs femmes, comme ma grand – mère, qui n’a jamais eu peur du travail et qui en tant qu’agricultrice s’est souvent battu pour permettre à ses 6 enfants d’avoir un avenir.

Je tiens aussi de ma maman cette générosité envers les autres. Infirmière de métier, elle sait se donner pour les autres, partager et soutenir les personnes qui en ont besoin.

Enfin toutes les grandes femmes sont inspirantes. D’une manière entière elles ont la force et le courage, qui leur permet d’avancer chacune dans ce qu’elles aiment et dans ce pour quoi elles souhaitent s’engager.

 

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors de la création de votre entreprise ?

 Heureusement il y en a eu. Car en toute chose il est important d’apprendre de ses erreurs et des difficultés rencontrées. Il n’a pas été simple de s’intégrer au niveau culturel et de s’imprégner des codes.

Il a aussi fallu s’adapter aux conditions de vies de chacune des femmes mais aussi des conditions générales comme l’insuffisance d’eau et les coupures d’électricité.

Tout lancement d’une activité n’est pas simple, le découragement dû au manque de résultats ou au départ de certains éléments, sont parfois des épreuves à surmonter.

Enfin, il est aussi arrivé de devoir surmonter des épreuves dures, comme devoir se séparer de personnes qui ne souhaitent pas vous voir progresser.

 

Où en est votre projet aujourd’hui et quelles en sont les prochaines étapes ? (Expliquer ce qui vous manque pour y arriver, quels sont besoins les plus urgents…)

 

Aujourd’hui notre premier atelier de recyclage des sachets d’eau par la couture est autonome humainement et financièrement. Les 12 personnes de l’atelier peuvent gérer leur travail. Des formations sur la gestion financière et ont encore nécessaires.

Notre deuxième atelier de recyclage est en cours. Nous avons recruté 4 femmes tisserandes, qui suivent aujourd’hui une auto formation dans un premier temps sur des motifs tout à fait nouveau.

Cette atelier devra embaucher 10 à 12 femmes d’ici la fin de l’année et permettre de créer une nouvelle gamme de produits.

Depuis 2016, nous sommes propriétaire d’un terrain sur lequel nous y construisons les différents bâtiments (4 au total) pour y accueillir les 40 femmes réparties sur 4 ateliers de recyclage.

Nous montons tout de toute pièce. Tous nos bâtiments sont construits selon une technique ancestrale entièrement en terre (sans bois, ni ciment).

Aujourd’hui nous sommes à la recherche de financement, pour poursuivre les bâtiments et nous permettre d’avoir assez d’espace pour toute l’équipe.

Nous sommes toujours à la recherche de partenaires financiers ou économiques pour nous permettre de commercialiser nos créations (ou des créations spécifiques) partout dans le Monde.

Toute personne souhaitant s’engager pour apporter à notre équipe des compétences et savoir-faire dans le montage de dossier de financement, dans le tissage, la couture… est la bienvenue.

 

Concrètement comment peut-on vous aider à l heure actuelle pour développer P3 Plastique, Projet, Pochette ?

 

Vos achats soutiennent notre projet, notre durabilité et les femmes qui y travaillent.
Nous aider à trouver des points de ventes, à commercialiser nos créations, c’est aujourd’hui ce qui pourra aider P3 à se développer.

 

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaiteraient se lancer dans un projet social ?

Il ne faut pas hésiter, on a le droit de se remettre en question, de faire une pause et surtout de faire des erreurs, mais si on croit en ce que l’on fait alors rien ne pourra vous arrêter.

Il faut parfois savoir être ferme mais juste.

Je ne me considère pas comme la réussite de ce projet. Les femmes sont la clé de cette réussite, sans elles je n’en serais pas là.

Retrouvez les bracelets en vente sur notre e-shop.

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